Photovoltaïque : gare aux fausses promesses

Comme ce couple qui au tribunal espérait au l’annulation des contrats signés pour fausses promesses, des Gersois se font avoir par des vendeurs de photovoltaïque sans scrupules

Au tribunal d’instance d’Auch, ce couple défendu par Me. Pierre-Jean Lagaillarde a obtenu «la déchéance des intérêts», le juge reprochant «aux organismes de crédit d’avoir utilisé les commerciaux du vendeur de panneaux pour placer les contrats de crédit et ce sans justifier leur avoir fait suivre la formation prévue par le code de la consommation».

Les conseils d’UFC

Ainsi le couple «s’économise» 21 500€ mais n’en reste pas moins «victime» d’une société installant des panneaux photovoltaïques sur le toit de l’habitation de particuliers. «Très motivés» pour lutter ainsi contre le réchauffement climatique tout en pensant améliorer leurs fins de mois grce à la vente à EDF de l’électricité ainsi produite, les époux ont signé non pas un mais deux contrats.
Le premier en décembre 2012, pour 27 900€, le second en juin 2013, pour 22 900€, les deux remboursables sur la même durée de 132 mensualités. En dépit des 21 500€ récupérés à la barre du tribunal, le couple qui espérait davantage à savoir la résolution des contrats de vente et de prestations de services signés et avec l’installateur des panneaux et avec l’organisme de crédit complice, en est pour ses frais, l’installation photovoltaïque ne «rapportant pas» suffisamment pour couvrir les 585,96€ de mensualités à rembourser.
A UFC-Que choisir 32, Michèle Mur est une habituée de tels dossiers qui souvent «dévastent» les victimes. Mais comment a-t-on pu se «faire avoir ainsi»! Le scénario est souvent le même : «un commercial» déboule chez vous après un rendez-vous téléphonique vers 17/18 h et n’en repart que bien plus tard avec ce qu’il était venu chercher : il vous a vendu à la fois les panneaux et le crédit. Alors tant mieux si vous avez fait affaire avec une société honnête car celles qui le sont moins voire pas du tout, ne sont pas rares. Ainsi celles pilotées par des individus qui ont l’art de se mettre en faillite pour recréer des sociétés grâce auxquelles ils continueront à …disparaître avec la caisse.
Adossés à des banques «respectables», des organismes de crédits profitant des «crédits affectés» que font signer les commerciaux de ces sociétés en même temps que la vente des panneaux, sont de la partie.
Rien que pour le Gers, Mme Mur a connaissance actuellement d’une vingtaine de tels dossiers «qui sont au tribunal». Et sur la France entière, UFC en compte plus de 3000. Pour notre région «compte tenu de son ensoleillement», Michèle Mur est formelle : «Le coût d’une installation de 12 panneaux doit se situer dans une fourchette de 12000/13000€ TTC maximum financement compris pour être juste rentabilisée». Qu’on se le dise…

L’UFC (union fédérale des consommateurs) 32 qui a son siège à la Maison des associations, 29 chemin du Baron à Auch, peut être jointe au 05.62.61.93.75-contact@gers.ufcquechoisir.fr

Les 7 «pièges» habituels

Selon UFC-Que choisir, «faute de cadre juridique et de législation, il y a une brèche où des entreprises peu scrupuleuses qui discréditent les professionnels sérieux et compétents, se sont engouffrées». Les 7 «problèmes» qui se posent le plus souvent avec ces entreprises prestataires qui viennent démarcher à domicile après prise de rendez-vous par téléphone, sont :
1-délais de rétractation non respectés par le prestataire et/ou l’organisme de crédit qui font poser les panneaux illico presto
2-le client ne veut plus de l’installation mais le délai de rétractation étant dépassé, le prestataire fait pression
3-les panneaux sont installés depuis 6/12 mois ou plus, le consuel a été envoyé à ERDF mais le prestataire n’a pas règlé les 1500/1800€ alors qu’il s’y était engagé sur le bon de commande. De plus, aucune déclaration n’a été faite en mairie et le prestataire ne répond plus
4-les panneaux sont installés, il n’y a pas de consuel donc pas de raccordement possible, le prestataire ne répond plus
5-l’installation produit depuis 1 ans mais le premier remboursement par EDF n’est pas à la hauteur des promesses verbales ou écrites du vendeur
6-taux d’endettement dépassant la capacité de remboursement
7-il y a des malfaçons : fuites dans le toit, risque d’incendie
etc…

Source:  ladepeche.fr

HAUT