Le village de vacances Ternélia à Saint-Jorioz attend toujours d’être indemnisé par les assurances

L’incendie qui a ravagé le bâtiment principal s’était produit en 2013. Depuis, les assurances refusent toujours d’indemniser l’association qui gère le Pré du Lac, et la Communauté de communes propriétaire des lieux. Le centre de Saint-Jorioz a entre temps perdu la moitié de sa clientèle annuelle.

Le chantier de démolition a débuté il y a trois semaines, et ce n’est pas trop tôt… Depuis presque trois ans, les vacanciers, les passants et l’équipe du village de vacances avaient sous les yeux les stigmates du terrible sinistre survenu le 16 juin 2013.

A la place de l’énorme amas de gravas, se tenaient la cuisine, le restaurant et une dizaine de salles de séminaires. Un bâtiment de près de 5.000 m² ravagé par un violent incendie. Le coeur du village de vacances du Pré du Lac.

Aujourd’hui on tente de tourner la page sans savoir ce qu’on va réécrire » confie Arnaud Stomboli, le directeur.  » Ca fait du bien quand il se passe quelque chose, c’est mieux que d’attendre. C’est mieux pour nos vacanciers et pour le visuel, pour l’environnement aussi… Ca ressemble plus à un village de vacances. Mais l’incertitude elle est toujours là , depuis des années ».

Pour obtenir ne serait-ce que le permis de démolir, il a fallu une expertise judiciaire, qui a conclu à l’origine accidentelle de l’incendie. L’association gestionnaire du centre et la Communauté de Communes – propriétaire du terrain et des murs – ont dû assigner leurs assurances en justice, car les dommages matériels n’ont jamais été remboursés, ni même chiffrés.

Au lendemain du sinistre, les assurances se sont toutes deux renvoyé la balle, refusant de prendre en charge les dommages immobiliers que l’association estime à au moins 5 millions d’euros. L’assurance de l’association lui a toutefois versé la somme de 1 million 250.000 euros pour couvrir les frais de mobilier et de matériel.

Trois ans, c’est long… Au fil des mois, des 25 salariés du Pré Lac, il n’en reste plus que onze. Et s’ils tiennent le coup, c’est grce à la volonté et à l’esprit d’entraide. Cela donne des situations cocasses, la masseuse par exemple, qui repeint les salles de bains. « On s’aide de service en service pour continuer à faire tourner la maison, pour l’instant on y arrive pas si mal… On tiendra jusqu’au bout » explique Justine Layrac.

La petite association a pu survivre grce aussi à sa vocation sociale. Ses contrats d’insertion ont été maintenus, car ils sont subventionnés. Mais cela ne règle pas tout. Sans cuisine ni restaurant, il a fallu trouver une solution pour accueillir les clients différemment. Une yourte et une cuisine éphémère ont ainsi été installées.

Si les habitués de la saison estivale reviennent chaque année, la clientèle de l’hiver a été divisée par dix. C’était surtout des groupes pour des séminaires. Au final, la fréquentation à l’année a diminué de moitié.

Reste l’espoir que les assurances s’entendent enfin…

On a essayé la voie à l’amiable » poursuit Arnaud Stomboli, « proposer des accords et faire des efforts financiers, car il faut savoir que chaque année on perd de l’argent… mais ça n’a pas marché, c’est plus important pour eux de savoir qui va gagner plutôt que de prendre en compte notre situation à nous ».

Pendant ce temps, la guerre des assurances se poursuit. Les avocats se sont rencontrés à nouveau le lundi 1er février, pour la quatrième fois.

Un village de vacances Ternélia

Le Pré du Lac est un village de vacances Ternélia. Il s’agit d’une fédération qui regroupe un cinquantaine de centres en France. Les sites sont gérés par des associations indépendantes, mais qui proposent le même type de séjours « en terre authentique ».

Un centre de vacances dispense des chambres de plein pied et dispersées, à la différence d’un hôtel, mais le principe est similaire. Autre différence, les nombreuses animations.

Source: France 3 Régions

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