Inondations de juin : des milliers de sinistrés abandonnés

Quatre mois après les inondations exceptionnelles en Ile-de-France et dans le Centre, près d’un tiers des victimes attendent une indemnisation. La secrétaire d’Etat tape du poing sur la table.

Douze jours d’inondation, 4 morts, 1 Md€ de dégâts, près de 1 500 communes touchées et pas moins de 155 000 dossiers d’indemnisation à gérer.

La crue historique de juin, qui s’est répandue dans une grande partie de l’Ile-de-France et du Centre, est, d’après les assureurs, « la plus grosse inondation » que la France ait connue depuis 1982. 126 000 maisons et 16 000 véhicules ont été endommagés. 13 000 entreprises ou artisans affectés par la montée des eaux. Quatre mois plus tard, près d’un tiers des sinistrés attendent toujours un dédommagement.

Trop long, aux yeux de la secrétaire d’Etat chargée de l’Aide aux victimes, Juliette Méadel. Dans une interview exclusive à notre journal, elle appelle assureurs et experts à passer à la vitesse supérieure pour que la totalité des victimes de cette catastrophe naturelle reçoivent, avant la fin de l’année, une « avance sur indemnisation ». « Nous faisons le maximum », répond le président de la Fédération française de l’assurance (FFA), Bernard Spitz, qui affirme que plus de 650 experts ont été mobilisés sur le terrain dix jours après que l’eau a reflué. Outre la quantité impressionnante de dossiers à gérer, les assureurs mettent en avant la complexité de certaines expertises, le fait qu’un commerçant sur deux n’avait pas souscrit d’assurance « perte d’exploitation », ou que certains jardins se sont retrouvés pollués aux hydrocarbures à la suite de fuites de cuves… sans que le contrat ne prévoie un tel risque.

17 milliards de dégâts en vingt-cinq ans

L’Etat, les assureurs et les élus locaux se retrouveront fin octobre en Seine-et-Marne pour tirer les conséquences de cette crue exceptionnelle. Qui pourrait devenir banale à l’avenir, à cause du changement climatique. D’après un rapport publié cette année, les précipitations extrêmes se sont accrues ces six dernières décennies et seront monnaie courante dans les années à venir. Alors que les inondations ont causé 17 Mds€ de dégâts au cours des vingt-cinq dernières années, les assureurs estiment que l’ardoise doublera d’ici à 2040 si l’on ne met pas en place des mesures de prévention. « Arrêtons d’autoriser des maires à construire dans des secteurs à risque et identifions en urgence les habitations situées aujourd’hui en zone mortelle », suggère le porte-parole de France Nature Environnement, Benoît Hartmann. L’Etat a du pain sur la planche : une commune sur deux est exposée au risque d’inondation.

Source: le Parisien

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